Témoignage : J’aurais voulu savoir

J’aurais voulu savoir dès mon plus jeune âge que c’était normal de ne pas aimer seulement les personnes ‘’de l’autre sexe’’.

J’aurais voulu savoir premièrement que ce n’est pas de sexe qu’on devrait parler mais de genre.

J’aurais voulu savoir qu’en tant que personne assignée femme à la naissance, ça se pouvait que la personne qui a procédé à l’accouchement se soit mis le doigt dans l’œil en disant que j’étais une ‘’petite fille’’ en se basant uniquement sur le fait que j’avais un vagin entre les deux jambes et non un pénis.

J’aurais voulu savoir que le genre n’est pas binaire. Qu’il y a tellement plus de possibilité que d’être un homme ou une femme. (Remarquez ici que j’ai mis sans même m’en rendre compte l’homme devant la femme parce qu’on nous l’a si bien enseigné…).

J’aurais voulu que dès le primaire, on nous parle de diversité sexuelle et de pluralité des genres. Ça m’aurait permis de savoir que c’était normal que je tombe aussi souvent en amour avec des filles que des gars. (Dans ce temps-là, je connaissais la vie seulement d’un point de vue binaire, vous pourrez le voir dans les prochaines lignes).

J’aurais voulu que l’environnement rural dans lequel j’ai grandi soit plus ouvert, moins homophobe… Déjà au début du primaire, je me faisais intimider parce que mon nom de famille c’est Guay. Ma réponse déjà en 2e année : ‘’Je ne suis pas gai, pis même si je l’étais qu’est-ce que ça te changerais?’’

J’aurais voulu me sentir comme si j’avais le droit d’être en amour avec une fille de ma classe. Comme si je pouvais en parler à quelqu’un et ne pas me faire regarder comme si j’étais un alien. Ne pas avoir peur des répercussions par la suite dans la cour de récréation, aux yeux de mes ami.e.s, aux yeux de la personne avec qui je suis tombé.e en amour. Parce que dans ce temps-là, tomber en amour avec une fille, c’était vraiment plus big que tomber en amour avec un gars. Ça y est, toutes tes amies allaient avoir peur que tu sois en amour avec elles, ne voudrait plus que vous dormiez l’une chez l’autre parce que ça y est, les gens t’identifieraient comme une ‘’lesbienne’’.

J’aurais voulu que les gens comprennent bien avant qu’il y a beaucoup plus que l’hétérosexualité.

J’aurais voulu que les gens en connaissent beaucoup plus sur la diversité sexuelle pour que personne n’ait peur de vérifier ses perceptions, de confirmer son identité.

J’aurais voulu pouvoir dire à tout le monde dès le primaire que j’aimais les gars ET les filles. Que dans le fond, j’étais bisexuel.le. (On se rappelle ici que j’avais encore une vision binaire du monde à cette époque)

Mais non… À la place, j’entendais toutes ces jokes plates au sujet des personnes qui en aimaient d’autres qui étaient du même genre que le leur. C’était ça, la normalité.

J’aurais voulu ne pas me dire déjà au primaire que je ne devrais parler à personne de mon orientation sexuelle parce que je savais maintenant comment je m’identifiais et que c’était le principal.

J’aurais voulu ne pas avoir à taire cette facette de moi qui me définit parce que je savais que dans le monde dans lequel je grandissais, ça ne serait pas bien reçu.

Ce n’est pas normal de se dire ça dans tête quand on est au primaire!!!

On ne devrait pas avoir à penser comme ça!!!

J’aurais voulu être capable de dire bien avant à mon entourage que, non, je n’avais pas de ‘’p’tit chum’’, mais que je pourrais aussi très bien avec une ‘’p’tite blonde’’ et que personne n’avait rien à y dire à part moi.

J’aurais voulu ne pas avoir à vivre cette hétéronormativité qui a été tellement toxique. Ne pas avoir à me cacher et faire semblant que je suis FOLLEMENT en amour avec une fille mais que je ne puisse en parler à personne.

Avec le temps, j’ai grandis. J’ai compris bien des choses. Je me suis affirmé comme personne. J’ai fait mon premier coming out. Je devais avoir environ 18 ans quand j’ai annoncé à ma famille être bisexuelle. Heureusement, ça s’est super bien passé.

Plus les années passaient, plus j’en apprenais sur la diversité sexuelle. J’ai fini par me rendre compte que dans le fond, je n’étais pas bisexuel.le mais j’étais pansexuel.le. Parce que sans égard au genre ou à l’expression de genre de quelqu’un, je pouvais tomber en amour avec la personne. Dans le fond, si on m’en avait parlé avant, il y a bien longtemps que je savais que j’étais pansexuel.le, je ne connaissais juste pas le terme qui y correspondait. Déjà, quand j’ai fait mon premier coming out je me rapprochais du but, mais là, ça y était, j’avais mis le doigt dessus! J’ai donc fait mon deuxième coming out annonçant que ce n’était en fait qu’un terme qui exprimait encore mieux ce qui correspondait à mon orientation sexuelle.

Puis, le temps a passé et je me suis mis à me questionner sur mon identité de genre, parce que j’ai appris qu’il y avait d’autres options que d’être un homme ou une femme. (Notez encore une fois cette fâcheuse habitude de mettre l’homme devant la femme qui me répugne chaque fois…)  

 

Les années perdues

J’aurais voulu être amoureux, enfant. Avoir ce que vous avez tous et toutes eu, enfant.

Qui va me rendre ces années perdues ? Ce qui aurait pu être et n’a jamais eu lieu ? Qui me rendra ce qu’on m’a pris ? Et à ce Nathan ? Qui lui rendra justice ? La vérité c’est que j’ai mal. Que j’ai de la colère contre les gens qui nous font ça. Qui nous font faire ça, qui nous rendent comme ça. Ces mêmes gens qui prétendent se battre pour les enfants et qui pourtant mettent dans nos bouches des mots aussi violents.

Mais l’homophobie ce n’est pas seulement quelqu’un qui crie « À mort les PD ! ».

L’homophobie c’est aussi des millions d’existences contraintes, de petits bonheurs universels gâchés, de destinées retardées. Des millions de gens qui ont vécu, vivent, et vivront une autre existence que la leur, une autre vie que la leur, qui marcheront à côté d’eux-mêmes, qui passeront à côté de ce que, au fond, ils étaient destinés à connaître, à aimer, et chérir, et jouir. Ce que nous voulons toutes et tous. Une vie à nous. Une vie qui nous ressemble et nous appartienne.

L’homophobie, la lesbophobie, la transphobie, c’est d’abord des ombres et des millions de vies ratées.

Je les envie

Je suis gay.

J’ai accepté qui je suis et je suis heureux avec cette personne.

Et ceux qui pensent que cela n’a pas à être dit, que l’affirmation d’une orientation sexuelle/identité de genre relève de quelque chose de personnel, ceux-là je les envie car ils ignorent la violence qu’il y a à vivre dans un monde où votre différence est au mieux passée sous silence ou moquée, au pire combattue, psychiatrisée comme aux États-Unis, frappée comme en France, emprisonnée comme en Tunisie, ou déportée dans des camps comme en Tchétchénie.

Ces gens qui ignorent le courage qu’il faut pour accomplir un geste aussi anodin que tenir la main de la personne qu’on aime dans la rue.

Je rêve d’un jour où les personnes gays, lesbiennes, bi ou transgenres n’auront plus à exprimer publiquement leur appartenance à une population sociologiquement minorisée.

Profiter de la visibilité qui est la mienne en tant que romancier pour dire publiquement qui je suis et qui j’aime est un acte éminemment politique.

Oui, la vocation des coming-out n’est rien moins que la visibilité et l’acceptation totale et sans condition d’au moins 5% de la population humaine.

Ce jour viendra.

Tu as le droit d’accepter qui tu es

Alors nous n’aurons plus à sortir du placard, parce qu’il n’y aura plus de placard.

Alors nous n’aurons plus peur d’être qui nous sommes : le vivant visage de l’extraordinaire diversité du genre humain.

J’y crois, moi, à cette réconciliation.

Et si je parle aujourd’hui, si je confie quelque chose que d’aucun considère comme relevant de la vie privée, c’est parce que je veux dire à celles et ceux qui ont peur comme j’ai eu peur, qui ont mal comme j’ai eu mal, qui sont moqués comme ce Nathan a pu être moqué :

Tu as le droit de t’aimer comme tu es, tu as le droit de vivre fièrement avec celui ou celle que tu aimes, tu as le droit d’exister sans honte, sans culpabilité, tu as le droit de revendiquer ton identité et ta place dans ce monde.

Tu as le droit d’être gay, lesbienne, transgenre, d’accepter qui tu es et d’être heureux ou heureuse avec cette personne.

Tu as le droit.

Contribution externe

 

Publicités

Atelier sur les Rendez-vous avec lia psychologue

Bonjour,

Un nouvel atelier est annoncé pour le dimanche 8 avril 2018. Comme à l’habitude, c’est à 19h et c’est au Sous-Sol du Carrefour Cardijn. Le sujet est les rendez-vous avec les psychologues. Vous allez y apprendre comment choisir un bon psychologue dans le but d’avoir une lettre de diagnostique et quoi s’attendre d’un entretien avec un psychologue. Vous découvrirez aussi le Guide pour les soins des personnes transgenres du WPATH.

Aussi, une décision a été prise concernant les journées auxquelles ont lieu les ateliers et les rencontres. Les ateliers auront dorénavant lieu les dimanches et les mercredis, en alternance, à toutes les deux semaines. Donc, puisque le prochain atelier est dimanche le 8, celui d’après, l’atelier suivant sera le 25 avril (mercredi) et l’autre d’après le 6 mai (dimanche) et ainsi de suite. (Il est important de noter que le dimanche est compté comme un début de semaine et non comme une fin).

Aussi, les ateliers n’auront plus jamais lieu les jeudis ou les vendredis pour pas entrer en conflit avec les soirées d’Accès au GRIS Québec.

Suite à une baisse de participation, les rencontres auront lieu à toutes les six semaines, les vendredi soirs à partir du 20 avril.

Dans tous les cas, il est préférable de suivre la page facebook pour connaître l’horaire des ateliers et des rencontres.

Sur ce, une bonne semaine à vous,

L’équipe de Divergenres

 

 

Colloque et communication non violente

Bonjour à toustes,

Pendant que notre processus pour devenir une OBNL avance, on n’arrête pas de travailler. Jeudi, nous sommes allé.e.s au colloque de la Fierté Agricole, avons discuté avec des gens qui travaillent dans le milieu et revenons avec plein de nouvelleaux contacts et de beaux souvenirs.

Nous allons profiter de l’occasion, ici, pour annoncer notre prochain atelier. Il s’agit d’un atelier sur la communication non-violente. C’est toujours au Carrefour Cardjin, et c’est au sous-sol (porte sur le côté droit de la bâtisse).

Demain, nous partons pour la région de Charlevoix pour deux jours. Nous avons été demandé.e.s pour y faire des conférences en classes au niveau collégial. C’est donc officiel, nous nous déplaçons. Vous n’avez donc pas besoin d’être à Québec pour nous demander de venir vous voir. 😉

On vous souhaite une belle et bonne semaine,

L’équipe de Divergenres

On débute 2018 avec des ateliers

Bonjour à toustes!

L’année 2018 s’annonce une très bonne année pour des activités avec Divergenres et Janvier et février vont partir le bal.

Tous d’abord on commence avec un atelier sur la transition. Il s’agit d’une deuxième partie de notre dernier atelier de 2017 puisque nous n’avions pas réussi à faire le tour du sujet. Cet atelier est le 18 Janvier à 19h.

Ensuite, on continue avec le retour des rencontres pour les parents et les proches de personnes transgenres, non-binaires, queers, intersexes et non-conformes de genre. Nous avions fait une rencontre de ce type en décembre et la réaction a été très positive. Nous avions conclu de continuer à raison d’une rencontre par mois. La prochaine rencontre est le 27 janvier et une autre aura lieu le 18 février.

Un autre atelier ouvert à toustes aura lieu le 4 février. Il sera sujet cette fois-ci de consentement.

Tous nos ateliers et rencontres ont lieu à 19h au Carrefour Cardjin au 435 rue Du Roi à Québec. Veuillez consulter les liens vers les événements facebook pour connaitre si ceux-ci ont lieu au 2e étage (passez pas l’escalier à l’arrière) ou au sous-sol (la porte sur le coté). Malheureusement, l’accès aux locaux sont mal adaptés pour les personnes à mobilité réduite.

On espère vous voir en grand nombre, et bonne année à toustes!

L’équipe de Divergenres

Atelier spécial Halloween Queer – 29 octobre 2017

Bonjour à toustes!

On a de quoi de gros ce dimanche, c’est l’Halloween Queer à Divergenres! Il s’agit d’un atelier libre dans lequel l’équipe de Divergenres répondra à vos questions concernant la pluralité des genres et vous gâtera de quelques petites surprises!

Venez déguisé.e.s si c’est possible, nous le serons!

Le thème est l’Halloween Queer. Choisissez donc un costume connu ou pas et donnez-y une twist Queer. Brisez les normes de genres et la cisnormativité. Laissez libre court à votre imagination, tant que vous restez dans les limites de ce qui est permis publiquement.

Nous demandons une attention particulière au niveau du choix des costumes afin d’éviter toutes sortes d’appropriation culturelle s’il-vous-plaît. Si vous cherchez un tout petit peu, vous trouverez d’autres idées nous en sommes certain.e.s 😉

L’atelier est ouvert à toustes et les règlements seront lus 15 minutes avant le début de l’atelier.

Venez en grand nombre, on a vraiment hâte de voir vos superbes costumes!!!

L’équipe de Divergenres

Événement – Atelier du 15 octobre 2015 – Grammaire neutre

Bonjour,

Camille a pris la résolution de tenter d’annoncer les événements plus fréquemment sur notre site web. Commençons donc par la prochaine. Il s’agit d’un atelier au sujet de la grammaire neutre.

Il sera donc question des mots épicènes et néologismes utilisés pour décrire des groupes de personnes appartenant à plusieurs genres ou une personne non-binaire. L’atelier est ouvert à toustes et les Règlements des ateliers s’appliquent en tout temps.

L’atelier sera le 15 octobre 2017 à 19h au Carrefour Cardjin, 435 rue du Roi à Québec. Il y a un escalier pour accéder à l’atelier, le lieu n’est donc pas adapté pour les personnes à mobilité réduite malheureusement.

Nous ferons la lecture des règlements et répondrons aux questions concernant ceux-ci, 15 minutes avant l’atelier pour éviter de retarder l’atelier pour les personnes qui connaissent déjà les règlements.

Au plaisir de vous voir à l’atelier !

L’équipe de Divergenres

 

Événement : 11 Sept 2017 – Comprendre le genre

Bonjour,

Une petite publication rapide pour vous informer que nous allons participer à l’événement Comprendre le genre qui aura lieu ce lundi soir, le 11 septembre 2017, au café Le Fou Aeliés, au Pavillon Desjardins-Pollack de l’Université Laval (à Québec). Camille et Alexys y seront pour parler des genres et répondre aux questions. L’événement est organisé par le Groupe des Étudiant.e.s socialistes de l’Université Laval.

Au plaisir de vous y voir,

L’équipe de Divergenres.